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Conserver l’environnement pour les peuples océaniens: PROE rapport annuel 2003Conserver les ressources de la mer aux Îles Tokelau
Le poisson, les coquillages les crustacés se faisant rares, le gouvernement de Tokelau a sollicité la collaboration du PROE pour élaborer des plans de gestion des ressources de la mer sur son territoire. « Nous avons été priés de donner des informations sur l'état des aires marines de conservation en particulier et sur celui des lagons et du récif extérieur en général, puis de recommander des actions de gestion et de conservation » explique Madame Mary Power, Spécialiste de la gestion des zones côtières au PROE, qui a mené l'équipe d'experts déléguée à Tokelau. Sur chaque atoll, deux homologues locaux de se sont joints à l'équipe. Une évaluation rapide de l'habitat marin des trois atolls de Tokelau a révélé une faible diversité générale d'espèces de poissons récifaux dont certaines, pourtant assez communes dans la région, sont extrêmement rares ou ont disparu. Certains poissons, comme la saumonée, ainsi que les pieuvres, les porcelaines et les bêches-de-mer, se sont avérés introuvables ou présents en très petits nombres. « Les indices sont probants et, dans certains atolls, les prises ont dépassé les niveaux durables » précise Madame Power. qui ajoute que : « L'impact sur les ressources se fait sentir à tous les niveaux ». Les atolls de Tokelau étant des systèmes biologiques pratiquement clos, leurs récifs et leurs lagons sont très vulnérables à la surpêche. Chaque atoll a bien une zone marine de conservation mais ces zones sont peu ou pas gérées. Des pratiques de gestion des activités de pêche sont un des éléments de la culture traditionnelle des Tokelau ; elles sont respectées et visent à laisser aux ressources des récifales le temps de se reconstituer ou à constituer des réserves pour les années maigres. Cependant, avec l'augmentation de la pression de la pêche dûe aux nouvelles technologies (filets maillants, moteurs hors-bord, réfrigération, etc.), il est maintenant nécessaire d'appuyer ces méthodes traditionnelles avec des pratiques de gestion basées sur des données scientifiques. Les réunions avec des associations communautaires clé se sont concentrées sur les préoccupations de la population relatives à l'état des ressources de la mer et de l'environnement atollien en général. Les communautés ont tendance à considérer que le système des zones de conservation ne marche pas dans les conditions actuelles. Beaucoup de participants ont fait remarquer que les règles ne sont pas respectées en l'absence de sanctions sévères et de mesures d'application. Selon l'un d'entre eux : « La zone est censée être close mais ceci n'est pas vrai puisque le gens y vont toujours ». La plupart pensaient également que le renforcement de la gestion des zones de conservation était essentiel pour que les zones produisent les résultats escomptés, préconisant des règles plus restrictives et des sanctions plus sévères. L'équipe a constaté que le type de restrictions de l'accès aux zones de conservation était fondamental. Bien que tout le monde respecte les règles dans la zone de conservation, il est habituel d'ouvrir la zone et de permettre les prises à l'occasion de grandes fêtes. « L'expérience d'autres pays insulaires océaniens démontre que ce type de zone de conservation ne réussit pas toujours à préserver les ressources de la mer à long terme » précise Madame Power. « Dans d'autres pays, comme les Fidji et les Samoa, les communautés commencent maintenant à comprendre que seules les zones de conservation closes de manière permanente sont susceptibles de jouer efficacement leur rôle d'outil de gestion durable en vue de la pérennisation des ressources de la mer à long terme. » La solution du problème est d'autant plus compliquée que le concept de la conservation semble relativement nouveau pour la population. D'après l'un des habitants : « C'est très important pour Tokelau parce que nos ressources ne sont pas très abondantes ; nous devons donc contrôler les quantités de poissons pêchées et le nombre de bénitiers que nous prenons ». Pourtant, ces mêmes personnes ne se sentent pas personnellement concernées. La plupart des personnes interrogées avaient entendu parler de conservation mais pensaient que c'était pour demain, pour les générations futures. Il faudra encore du temps pour s'adapter à l'idée d'une interdiction d'accès à long terme ou permanente. Le travail de l'équipe se poursuit : elle va rédiger un rapport officiel assorti de recommandations et rechercher un soutien pour la gestion des zones de conservation. L'atoll de Nukunono servira probablement de site pilote pour la gestion active des zones de conservation ; un programme de sensibilisation à l'utilisation et à la conservation des ressources de la mer est également prévu. Il semble donc que les habitants de Tokelau puissent compter sur des ressources alimentaires suffisantes dans l'avenir. |
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