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Conserver l’environnement pour les peuples océaniens: PROE rapport annuel 2003

Reconnaissance mondiale pour le cours de formation sur les espèces envahissantes

Les espèces envahissantes – des espèces qui se déplacent d’un pays à l’autre à la faveur d’interventions humaines parfois accidentelles – causent des dommages écologiques, sociaux et économiques dans les pays dans lesquelles elles sont introduites et comptent parmi les principaux problèmes environnementaux de la région du Pacifique. On citera à titre d’exemple la liane Merremia, qui étouffe littéralement les forêts, le rat noir, l’escargot géant d’Afrique, le merle des Moluques ou encore le serpent arboricole brun, qui font de véritables ravages dans toute la région.


Les États et Territoires insulaires océaniens ont demandé au PROE d’organiser des cours nationaux de formation sur les espèces envahissantes. En réponse à ces demandes, le PROE a élaboré un programme de formation adapté aux besoins de tous les acteurs concernés, quels que soient leurs domaines de compétence. Le cours a eu un tel succès qu’il est désormais en passe d’être appliqué à l’échelle mondiale.
« Une fois qu’elles ont pris pied dans leur milieu d’adoption, les espèces envahissantes sont pratiquement impossibles à éradiquer. La prévention est donc la solution la plus efficace au plan économique », souligne Liz Dovey, Chargée de projet au PROE (conservation de l'avifaune/espèces envahissantes). « Le cours s’adresse aux intervenants associés à l’action préventive menée sur le terrain contre les nouvelles espèces envahissantes qui se propagent d’une île à l’autre, et en particulier aux agents des services de contrôle sanitaire, aux fonctionnaires des douanes et aux employés des sociétés de manutention. Cela étant, il faut veiller à former également les professionnels des secteurs de l’agriculture et de l’environnement, car ils sont parfois les premiers à détecter des populations d’espèces envahissantes en cours d’établissement qui ont réussi à passer entre les mailles du filet. »


Des visites de terrain, des activités de groupe et des exposés présentés par les participants, qui peuvent ainsi échanger les informations spécifiques en leur possession, viennent compléter dans la mesure du possible le module technique du cours de formation. Le fait que les compétences dont les pays justifient déjà dans ce domaine soient reconnues et prises en compte dans le cadre du cours est très apprécié des participants, qui repartent dans leurs pays respectifs animés d’un regain d’enthousiasme.


Le cours, d’une durée de cinq jours, a été élaboré avec le concours financier du Service des pêches et de la nature des États-Unis et l’appui technique et financier de la Nouvelle-Zélande. Il a été testé avec succès à Niue, Vanuatu et Palau en 2003 et va maintenant être progressivement présenté à tous les autres pays insulaires océaniens. Le cours s’articule autour de dix modules de base centrés sur le Pacifique qui couvrent des domaines comme la diversité biologique, les espèces envahissantes les plus dangereuses, leurs impacts et leur mode de propagation, et les techniques de détection et d’intervention préconisées. Cela étant, chaque module est adapté, dans toute la mesure du possible, aux besoins locaux des pays dans lesquels il est appliqué. « Cela nous demande beaucoup de travail d’une session à l’autre, mais cela vaut la peine puisque, en fin de compte, le cours est bien mieux adapté aux besoins nationaux », précise Suzy Randall, agent de soutien au programme.


Dans certains pays, le cours a eu un retentissement considérable. « À la fin du cours organisé à Palau, Fritz Koshibto, ministre des Ressources et du Développement, nous a invités à présenter aux chefs traditionnels et aux responsables politiques un exposé sur les espèces envahissantes », indique Liz Dovey.
Joel Miles, son homologue palauan, souligne que le public a été très réceptif et que les discussions ont duré deux fois plus longtemps que prévu. « Quelques semaines plus tard, le Président de la République en personne s’est joint à nous lors d’une opération d’arrachage d’adventices organisée au niveau communautaire. Selon Joel Miles, les recommandations formulées à l’issue du cours de formation ont déjà été mises en œuvre : le Président a adopté un décret portant création d’un comité national de lutte contre les espèces envahissantes ; le comité s’est déjà attelé à l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les espèces envahissantes ; l’éradication du tilapia est en cours ; le public est de plus en plus sensible aux dangers que présentent les espèces envahissantes ; et d’autres recommandations prioritaires sont en cours d’application. « Je pense que l’exposé des agents du PROE est pour beaucoup dans la rapidité de réaction des autorités palauanes », conclut Joel Miles.


La reconnaissance officielle dont le cours de formation du PROE a bénéficié dans la région contribue à en renforcer l’impact. Le succès du cours lui a même valu une reconnaissance mondiale. « Le Programme mondial sur les espèces envahissantes a récemment décidé que la structure de notre cours servirait de modèle à l’élaboration d’un cours de formation de portée générale sur les espèces envahissantes qui sera dispensé dans le monde entier», déclare Liz Dovey. « Le PROE participe à l’élaboration de ce cours, conçu pour s’adapter à toutes les régions du monde. »

 

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