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Conserver l’environnement
pour les peuples océaniens: PROE rapport
annuel 2003
Un meilleur traitement des
déchets provenant des navires
La
difficulté pour les États et territoires du Pacifique de
traiter les déchets provenant des navires a amené le PROE
à préconiser un amendement de la Convention internationale
MARPOL qui aura un impact considérable pour l'Océanie. Le
secteur des transports maritimes revêt une importance essentielle
pour le bien-être de notre région. L'efficacité de
ce secteur affecte directement la vie économique et le bien-être
social et environnemental des petits États et territoires de la
région, surtout si l'on considère que leurs approvisionnements
leur parviennent à 85 % par mer.
Les navires génèrent de gros volumes de déchets pendant
leurs traversées : déchets de type « ménager
», déchets de cuisine, eaux d’égout non traitées,
eaux de cale contaminées et huiles usées. Afin de prévenir
le rejet en mer des déchets des navires, la Convention internationale
pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) de
l'Organisation maritime internationale (OMI) dispose que les pays signataires
acceptent de recevoir les déchets de tous les navires qui font
escale dans leurs ports. Cette disposition permet de lutter efficacement
contre la pollution marine, mais les États et territoires insulaires
océaniens, notamment les petits atolls, ne disposent pas des moyens
nécessaires pour traiter les déchets des navires internationaux.
Le PROE collabore avec l'OMI dans le cadre du Programme pour la prévention
de la pollution de l'océan Pacifique (PACPOL) afin de réduire
les incidences de la pollution marine causée par les navires. Dans
le cadre de ce programme, le PROE a effectué une étude détaillée
dans la région intitulée « Improving Ships’
Waste Management in Pacific Island Ports »* [Améliorer la
gestion des déchets provenant des navires dans les ports des îles
du Pacifique].
M. Sefanaia Nawadra, Conseiller spécialiste de la pollution marine
au PROE explique : « Pour l'instant, cinq pays océaniens
sont Parties à la convention MARPOL, mais aucun d'entre eux n'est
en mesure de s'acquitter de son obligation de mettre à disposition
des installations de réception des déchets adéquates
; de fait, les seuls ports qui puissent satisfaire à cette obligation
sont situés dans des territoires. L'obligation de mise à
disposition d'installations de réception est tout à fait
logique pour des pays industrialisés mais elle ne l'est pas dans
les petits États insulaires en développement, qui ont déjà
des difficultés à gérer leurs propres déchets
pour des raisons d'ordre pratique et financier. Leur demander de recevoir
les déchets de navires étrangers n'est donc pas seulement
peu réaliste mais pratiquement contraire à l'éthique.
En effet, il serait absurde de construire des installations de réception
sans avoir les moyens d'éliminer les déchets de manière
écologiquement rationnelle. »
Les ports de la région du Pacifique, tant ceux des États
que des territoires, sont visités par des navires locaux et étrangers.
« Nous avons constaté que c'est précisément
parce qu'ils seraient obligés de mettre à disposition des
installations de réception des déchets adéquates
que de nombreux pays océaniens n'ont pas adhéré à
la Convention MARPOL » explique M. Nawadra. Pour répondre
à cette situation, M. Nawadra a rédigé un document
intitulé « SPREP Regional Arrangements for Ships’ Waste
Reception Facilities» [Dispositif régional du PROE concernant
les installations de réception des déchets des navires]
qu'il a présenté lors de la 49e session du comité
pour la protection du milieu marin de l'OMI en juillet 2003. Il propose
dans ce document que tous les Membres du PROE continuent d'assurer la
gestion des déchets de leurs navires mais soient désormais
exemptés de l'obligation de recevoir les déchets des navires
étrangers. En parallèle, six ports désignés
comme centres régionaux de réception des déchets
des navires mettraient des installations de réception à
la disposition des navires étrangers (voir carte). Ces ports ont
été choisis parce qu'ils satisfont aux exigences de la convention
ou pourront y satisfaire après avoir subi des aménagements
mineurs.
Le comité a reconnu que cette approche régionale permettrait
aux Membres du PROE se s'acquitter des obligations que leur impose la
convention MARPOL. Cette approbation de la part du comité a mené
à l'élaboration d'une résolution proposant un amendement
qui autoriserait la mise en place de ce type de dispositif au niveau régional.
Tous les navires internationaux navigant dans la région seraient
autorisés, compte tenu de leurs routes de navigation et de la durée
de leurs traversées, à stocker leurs déchets jusqu'à
ce qu'ils atteignent un centre de réception ou fassent escale dans
un port à l'extérieur de la région. « Ceci
signifie que le Pacifique sera le premier à mettre en œuvre
un dispositif régional d'installations de réception des
déchets des navires approuvé » déclare M. Nawadra.
Cette mesure aura un impact immédiat sur l'amélioration
du traitement des déchets des navires tout en dispensant de nombreux
pays du Pacifique de la lourde obligation de recevoir les déchets
des navires internationaux. Les pays océaniens devraient donc pouvoir
adhérer à la convention MARPOL en plus grand nombre. En
outre, le travail accompli ouvre la voie pour la mise en place de dispositifs
similaires dans d'autres régions du monde, dont l'Afrique, l'Asie
et les Caraïbes.
*Le texte intégral du
rapport peut être téléchargé à partir
du site du PROE (www.sprep.org.ws)
Voir également : Convention
MARPOL sur le site Internet de l'OMI (www.imo.org)
Table
des matières
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