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Conserver l’environnement
pour les peuples océaniens: PROE rapport
annuel 2003
Formation visant à réduire
le trou dans la couche d’ozone
Le
contrôle de l’utilisation et de l’importation de chlorofluorocarbones
(CFC) dans le Pacifique réduira la dépendance de la région
vis-à-vis de ces substances interdites. Les CFC jouent un rôle
majeur dans la destruction de la couche d’ozone. Ils sont interdits
en vertu du Protocole de Montréal relatif à des substances
qui appauvrissent la couche d’ozone et des lois de nombreux pays
du Pacifique. La demande de CFC persiste toutefois dans le Pacifique alors
que la majorité des pays de la région sont signataires du
Protocole de Montréal. Le secteur de la réfrigération
et de la climatisation est le premier consommateur de substances appauvrissant
la couche d’ozone (SAO). Les mauvaises procédures d’entretien
telles que le rinçage et l’évacuation à l’air
libre des CFC contribuent à la libération de ces substances
dans l’atmosphère tandis que des millions de vieilles voitures
utilisent toujours des systèmes de climatisation à base
de CFC. Le coût élevé de la conversion a créé
une demande de CFC de contrebande fourni par un marché noir en
plein essor. « Le problème du commerce illicite subsiste
malgré les succès du Protocole de Montréal »,
déclare M. Ezra Clark, de l’Environmental Investigation
Agency aux États-Unis.
« Dans la région, la demande de CFC est forte pour l’entretien
des climatiseurs de véhicules d’occasion importés, »
précise Emma Sale-Mario, Assistante du chargé de projet
sur les Substances menaçant la couche d’ozone au PROE. « Tant
que les importations de CFC ne seront pas réglementées,
le commerce des véhicules d’occasion menace la situation
de conformité de tous les pays. »
Le PROE collabore avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE) pour former un noyau de techniciens en réfrigération
et en climatisation qui, de retour sur leur lieu de travail, formeront
leurs collègues aux bonnes pratiques de manipulation des CFC, de
sorte à éviter leur dégagement dans l’atmosphère.
En 2003, le PROE a organisé sept ateliers : dans les États
fédérés de Micronésie, à Kiribati,
aux Îles Marshall, à Palau, aux Tonga et à Tuvalu.
Financé par le Fonds multilatéral aux fins d’application
du Protocole de Montréal, le programme de formation est mené
par des membres du personnel d’institutions locales et du PROE.
L’Institute of Refrigeration, Heating and Air-Conditioning Engineers
(IRHACE) Industry Training Charitable Trust (Inc.) de Nouvelle-Zélande
a notamment fourni des formateurs.
Selon Ian McGlinchy de l’IRHACE, « les ateliers comprenaient
des exposés sur les effets néfastes de l’appauvrissement
de la couche d’ozone, le Protocole de Montréal, la conversion
des équipements et l’évolution du secteur de la réfrigération. Nous
avons également fait des démonstrations pratiques utilisant
du matériel de récupération avec des unités
de réfrigération devant être rechargées ou
entretenues. »
« En 2003, nous avons formé 120 personnes aux bonnes
pratiques de manipulation des CFC dans les sept principaux pays, »
ajoute Mme Sale-Mario. « À long terme, nous entendons
améliorer la qualité des services d’entretien et des
pratiques techniques du secteur de la réfrigération. »
Le PROE a parallèlement organisé des ateliers de formation
des formateurs aux Fidji et au Samoa en collaboration avec le PNUE et
l’Organisation mondiale des douanes. Ces ateliers, qui ont également
bénéficié d’un appui financier du Fonds multilatéral,
ont formé 44 agents des douanes qui apprendront à leurs
collègues comment reconnaître et détecter l’importation
illicite d’équipements et de substances appauvrissant la
couche d’ozone. Les participants du Samoa ont immédiatement
formé 17 agents des douanes tandis que ceux des îles Fidji
devaient former 370 agents dans les 12 mois suivants. Ces deux pays prévoient
également un module de formation sur le Protocole de Montréal
dans les programmes de formation des nouveaux agents des douanes, de sorte
à accroître l’impact de cette initiative au sein des
services douaniers.
« Cette approche a permis de modifier le comportement des personnes
qui utilisent et contrôlent ces gaz, » conclut Mme Sale-Mario.
« La réduction de la consommation de CFC dans le secteur
de la réfrigération et de la climatisation contribue au
respect du calendrier d’élimination prévu par la stratégie
régionale et le Protocole lui-même. »
Encadré. Le Protocole
de Montréal
Le Protocole de Montréal
est l’accord multilatéral sur l’environnement ayant
remporté le plus grand succès. Depuis 1989, il a permis
de réduire la consommation de CFC de 80 %. Mais l’énorme
trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique continue
de s’agrandir d’année en année. D’après
les scientifiques du British Antarctic Survey et de la National Aeronautical
and Space Administration (NASA), ce trou a atteint 28,3 millions
de kilomètres carrés en septembre 2003, soit légèrement
moins qu’en septembre 2000 lorsqu’il couvrait la surface
record de 29,9 millions de kilomètres carrés. En
2002, il couvrait 21 millions de kilomètres carrés.
Les scientifiques avaient
pourtant prévu qu’il se réduirait avec la baisse
des émissions découlant du Protocole de Montréal.
Selon Paul Newman de la NASA, « si le chlore et les substances
chimiques à base de brome contribuent au trou dans la couche
d’ozone, des températures extrêmement froides, en
particulier en bordure de l’Antarctique, sont également
d’importants facteurs responsables de la raréfaction de
l’ozone. » La forte perte d’ozone de cette année
par rapport à l’année dernière reflète
les conditions météorologiques très différentes
entre ces deux années.
Table
des matières
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