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Conserver l’environnement pour les peuples océaniens: PROE rapport annuel 2003

Le Pacifique et l'énergie renouvelable


L'eau chaude à volonté et l'électricité bon marché peuvent paraître un rêve chimérique mais ce sont précisément les objectifs d'un nouveau projet du PROE. Avec le potentiel en énergie renouvelable par habitant le plus élevé au monde, la région Pacifique dépend principalement des produits pétroliers pour produire de l'électricité. Pourtant, près de 70 % des Océaniens n'ont pas encore accès à l'électricité. Dans la région, les prix des produits pétroliers sont parmi les plus élevés au monde, mais la plupart des pays continuent de dépendre des importations de ces produits pour leur production énergétique.


Établi au PROE avec le soutien du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) par l’intermédiaire du Fonds des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Projet océanien sur l'énergie renouvelable (PIREP) constitue la première étape d'une démarche beaucoup plus vaste. Selon Tom Twining-Ward, du bureau du PNUD aux Samoa : « les îles du Pacifique dépendent actuellement des combustibles fossiles pour faire face à leurs besoins en énergie et cet état de fait perdurera, à moins que l'utilisation de méthodes de production énergétique plus propres et moins nocives pour l'environnement ne s'y généralise ». Il précise que « les pays insulaires océaniens sont parfaitement conscients de la nécessité de trouver d'urgence des alternatives pour la production énergétique ».


La plupart des quinze pays qui participent au projet ont déjà constitué des comités nationaux de coordination pour évaluer les obstacles à la mise en œuvre et, éventuellement, à la commercialisation de l'énergie renouvelable. Solomone Fifita, le Conseiller technique principal qui gère le projet au PROE, précise que : « en identifiant et en comprenant ces obstacles, leurs causes et leurs effets, on pourra identifier les moyens de les éliminer ; il sera ensuite possible de stimuler l'adoption et la commercialisation de l'énergie renouvelable dans toute la région ».


Plusieurs options sont possibles (voir tableau). Par rapport à d'autres régions, le Pacifique jouit d'un ensoleillement élevé et relativement constant, donc favorable à la production d'énergie solaire. Grâce au progrès technologique, l'énergie éolienne constitue maintenant une option viable pour les services énergétiques commerciaux. La biomasse agricole peut se substituer aux combustibles fossiles. Un certain nombre de pays disposent également des ressources nécessaires à la production d'énergie hydroélectrique. Les systèmes d'incinération ou de conversion de déchets en biogaz favorisent l'indépendance énergétique et aident également à faire face aux problèmes de pollution et de santé publique tout en constituant une source d'engrais organiques. Les ressources géothermiques demeurent inexploitées, tout comme les vastes ressources énergétiques de l'océan tropical.


Le PIREP est le premier et, pour l'instant, le seul projet régional visant le secteur énergétique et l'atténuation des changements climatiques. « L'objectif de développement de l'actuelle phase du PIREP est de préparer une approche régionale du développement et de la commercialisation de systèmes d'énergie renouvelable » précise M. Fifita. « Il s'agit d'accélérer l'adoption et la commercialisation de technologies de production d'énergie renouvelable adaptées et pratiques ». Cet exercice permettra, pour la première fois, de fixer clairement des cibles en matière d'énergie renouvelable pour les divers gouvernements.


« Cette phase du PIREP permettra d'accomplir une grande partie du travail si nécessaire sur lequel se baseront des initiatives régionales et nationales » précise M. Twining-Ward du PNUD. « Le PIREP n'est pas une fin en soi. C'est un moyen d'arriver à une fin, à savoir une phase II océanienne du PIREP, l'un des projets relatifs aux changements climatiques qui feront l'objet d'une demande de financement par le FEM ».


L'impact potentiel du PIREP est très important. La poursuite de ses travaux implique la fourniture de sources d'énergie propres et bon marché qui stimuleront les économies de la région tout en favorisant la propreté de l'environnement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la probabilité du développement durable dans l'avenir.

Tableau. Vue d'ensemble des applications de l'énergie renouvelable dans les petits États insulaires

Biomasse  
Bagasse utilisée comme combustible dans les sucreries aux Fidji
Biocarburant sert à alimenter des petits générateurs diesel aux Fidji, à Tuvalu et aux Samoa
Énergie solaire convertisseurs photovoltaïques notamment à Kiribati, aux Tonga et à Tuvalu
Unités solaires à conversion thermodynamique utilisation généralisée dans le Pacifique
Énergie hydroélectrique Des petites installations dont la capacité n'est que de quelques mégawatt existent sur plusieurs îles : Fidji, PNG, Samoa et Îles Salomon
Énergie éolienne le potentiel de cette énergie et de petits systèmes éoliens-diesel est à l'étude dans plusieurs îles du Pacifique
Systèmes hybrides et autres nouvelles technologies la conversion des énergies hydraulique et marémotrice, ainsi que de l'énergie thermique de l'océan sont autant de technologies qui présentent des possibilités intéressantes pour l'Océanie

Pays participant au PIREP


1. Îles Cook
2. Fidji
3. EFM
4. Nauru
5. Samoa
6. Tonga
7. Kiribati
8. République des Îles Marshall
9. Niue
10. PNG
11. Tokelau
12. Tuvalu
13. Palau
14. Îles Salomon
15. Vanuatu

Table des matières

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