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Conserver l’environnement pour les peuples océaniens: PROE rapport annuel 2003

Développement durable et partenariats

Les petits États insulaires en développement (PEID) du Pacifique ne sont pas coupés du reste du monde. Ils subissent de nombreuses influences, tant au plan national que régional ou international. Compte tenu des ressources humaines et naturelles limitées dont ils disposent, la plupart de ces pays se trouvent pratiquement dans l’impossibilité de concrétiser par leurs propres moyens leurs aspirations à un développement durable. Le PROE, en collaboration avec d’autres organisations et partenaires de la région, a entrepris de coordonner et d’appuyer les initiatives qu’ont engagées les PEID de la région pour promouvoir leur développement durable, et joue à cet égard un rôle d’importance majeure.


Dans chaque pays, la répartition des richesses et des ressources et le niveau de développement social sont autant d’éléments révélateurs des progrès réalisés dans la voie du développement durable. Le développement durable est dans une large mesure une question de dimension nationale, et les communautés doivent donc être associées aux systèmes de gouvernance et au processus de distribution des richesses. C’est à cette fin que le PROE s’est employé à promouvoir l’établissement de rapports d’évaluation nationaux, fondés sur le modèle élaboré en prévision de réunions internationales comme le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) et la Conférence internationale chargée d'examiner le bilan décennal du Programme d'action de la Barbade, et conçus pour servir de point de départ à la formulation de stratégies nationales de développement durable (un des objectifs du SMDD à l’horizon 2005). « Les groupes de travail nationaux et les réunions multipartites institués en vue de la préparation des rapports d’évaluation nationaux sont tout aussi importants que les rapports eux-mêmes, si ce n’est plus », souligne Coral Pasisi, chargé de projet au PROE (développement durable). « Le développement durable suppose de concilier des aspects très différents qui touchent à la fois à l’environnement, au contexte socio-économique et au développement. Il est donc essentiel que l’ensemble des intervenants appelés à prendre part à la mise en œuvre des stratégies nationales de développement durable soient étroitement associés au processus d’évaluation. »


Le PROE et les autres organisations membres du Conseil des organisations régionales du Pacifique (CORP) ont apporté leur concours à certains pays membres, à leur demande, et ont notamment participé à des réunions multipartites nationales afin d’aider à l’intégration des rapports d’évaluation, des stratégies de développement et des systèmes de planification et d’établissement du budget. « Le but est d’inclure le développement durable dans les priorités des gouvernements nationaux et de faire en sorte que les principales composantes des activités à mettre en œuvre soient financées de manière suivie au titre du budget national », précise Coral. « Cela montre aux partenaires internationaux que les pays s’approprient pleinement les priorités qu’ils ont définies en matière de développement durable. »


À l’échelle régionale, le PROE s’est employé à promouvoir la coordination et la collaboration entre les organisations régionales et non gouvernementales, les bailleurs de fonds et les autres acteurs concernés. « Nous souhaitons faire en sorte que les efforts conjugués de tous répondent mieux aux besoins et aux priorités recensés en matière de développement national durable », indique Coral Pasisi. Ces activités s’inscrivent dans le cadre de la promotion et du suivi des 14 initiatives/partenariats de type II pour le Pacifique insulaire lancés par les responsables océaniens lors du Sommet mondial de Johannesburg. Ces partenariats ont pour but de réunir tous les intervenants concernés dans un cadre commun, en vue de l’établissement concerté de priorités et d’objectifs à long terme viables et réalistes et de la mise en œuvre des activités nécessaires à la réalisation de ces objectifs. Le but est de permettre aux partenaires intéressés de se faire une idée globale des priorités des pays insulaires océaniens et des activités passées, actuelles et prévues, de sorte qu’ils puissent choisir les domaines d’intervention qui correspondent le mieux à leurs intérêts et affecter en conséquence leurs ressources ou leur aide.


Le PROE préside cinq de ces partenariats de type II ; il est également coprésident du groupe de travail sur le développement durable du CORP. Le PROE, en consultation avec le groupe de travail, assure l’exécution du projet régional qui a pour objet d’aider les pays insulaires océaniens à se préparer en prévision de la Conférence internationale chargée d'examiner le bilan décennal du Programme d'action de la Barbade sur le développement durable des PEID (Barbade +10). Il est plus particulièrement chargé d’établir la plupart des rapports, évaluations et dossiers d’information nécessaires. « Nous avons déjà coordonné la préparation du rapport d’évaluation régional et du projet de document exposant la position de la région Pacifique qui seront présentés lors de la conférence Barbade +10 », précise Coral Pasisi. « Le Pacifique compte à ce stade parmi les régions du monde qui sont le mieux préparées et ont contribué le plus au processus Barbade +10.» Ces efforts ininterrompus ont convaincu de nombreux partenaires de la famille des Nations Unies d’appuyer la position que le Pacifique entend défendre à l’occasion de la conférence Barbade +10 et de demander qu’elle soit dûment prise en compte dans les conclusions de la conférence.


Le PROE a également entrepris de fournir aux pays insulaires océaniens des informations et un soutien technique afin de les aider à prendre part aux activités des instances internationales. En participant à des réunions comme les conférences des parties aux principaux accords multilatéraux sur l’environnement, le Sommet mondial sur le développement durable, les sessions de la Commission du développement durable et la conférence Barbade +10, les pays insulaires océaniens pourront gagner le soutien de nombreux partenaires et obtenir davantage de financements des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux. « On n’insistera jamais assez sur le fait que les instances internationales doivent reconnaître et maintenir le statut particulier des PEID », estime Coral Pasisi. « Ce statut particulier est le principal argument dont nous disposons pour justifier le combat que nous menons afin que les PEID se voient accorder un accès préférentiel aux ressources et à l’aide internationale, avant les autres pays en développement et les pays développés. Parmi les organisations qui doivent encore accorder un statut spécial au PEID figurent l’Organisation mondiale du commerce et le Fonds pour l’environnement mondial.»


Aux Nations Unies, le PROE a œuvré à l’adoption de décisions favorables au maintien du statut particulier des PEID. Il s’est également employé à faire en sorte que le Fonds pour l’environnement mondial et d’autres bailleurs prennent en considération les caractéristiques particulières des PEID dans leurs critères de financement. « Le PROE a également contribué à mettre en lumière des questions d’importance majeure pour les pays insulaires océaniens et a notamment attiré l’attention de la communauté internationale sur la situation dramatique qu’ont connue Niue, après le passage du cyclone dévastateur Heta, et Tuvalu, après les inondations provoquées par des marées de vives-eaux d’une ampleur sans précédent », conclut Coral Pasisi.

Encadré. Notre objectif en matière de développement durable doit être de garantir, au minimum, aux futures générations d’Océaniens :


Ø des ressources aux moins aussi abondantes que celles dont nous disposons aujourd’hui ;
Ø des conditions de vie qui soient identiques aux nôtres, à défaut d’être meilleures ;
Ø des possibilités de croissance et de développement économiques.

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