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Waste Management and Pollution Control

20 juillet 2026, Mata Utu - Les déchets marins ne connaissent pas les frontières. Chaque année, les courants océaniques transportent des milliers de tonnes de déchets à travers le Pacifique, parfois sur plusieurs milliers de kilomètres, avant qu’ils n’échouent sur les rivages des îles du continent bleu.
Les communautés vivant à Wallis-et-Futuna comptent parmi les plus durement touchées. Wallis-et-Futuna se compose de trois îles principales, Wallis, Futuna et Alofi, ainsi que de plusieurs petits îlots.
Pour lutter contre les impacts liés aux déchets marins, le Programme régional océanien de l'environnement (PROE), à travers le projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2) financé par l'Agence française de développement (AFD) à hauteur de 4,3 millions d'euros, a organisé, les 24 et 25 juin 2026, une formation sur les déchets marins à Wallis-et-Futuna, en partenariat avec le Service Territorial de l'Environnement et le cabinet VERNEO Wallis-et-Futuna.
L'objectif de cette formation était de renforcer les capacités locales en matière de collecte de données sur les déchets marins grâce à une méthodologie standardisée utilisée dans plusieurs pays et territoires du Pacifique. Les données collectées permettront de mieux comprendre l'origine, la nature et l'évolution des déchets présents sur les littoraux afin d'orienter les futures actions de prévention, de sensibilisation et de gestion.
La première journée a réuni 27 participants, dont des représentants du Service Territorial de l'Environnement, des élus de l'Assemblée territoriale, le Préfet de Wallis-et-Futuna, des autorités coutumières ainsi que des chefs de village. 
Une session pratique réalisée sur la plage de Kulu'ui, dans le district de Mua, a permis d'auditer 991 déchets pour un poids total de 8,66 kg. Le plastique représentait à lui seul 72 % des déchets recensés, dont plus de 400 fragments de plastique dur non identifiables.


La seconde journée s'est déroulée sur l'îlot Nukutapu, dans le district de Hihifo, avec la participation de 14 représentants d'associations locales. Les participants y ont recensé 257 déchets pour un poids total de 12,18 kg. Là encore, le plastique dominait largement avec 77 % des déchets collectés.
L'un des enseignements marquants de ces audits est la présence de bouteilles provenant de pays dont les produits ne sont pas commercialisés à Wallis-et-Futuna. Un dispositif de concentration de poissons (DCP), dont la provenance demeure inconnue, a également été identifié sur l'une des plages auditées. Ces découvertes illustrent concrètement le rôle des courants marins dans le transport des déchets à travers l’océan Pacifique et rappellent que la pollution marine est un défi partagé nécessitant une réponse collective à l’échelle régionale.
Pour un territoire insulaire aussi isolé que Wallis-et-Futuna, ces observations démontrent que les déchets retrouvés sur les plages ne proviennent pas uniquement des activités locales, mais peuvent également être transportés sur de longues distances par les courants océaniques.
Cette réalité souligne l'importance d'une coopération régionale renforcée entre les pays et territoires du Pacifique pour prévenir les déchets à la source et protéger durablement l'océan dont dépendent les communautés insulaires.
« Je pense que c'est très utile car ce phénomène ne concerne pas seulement Wallis-et-Futuna, mais le monde entier. Si nous n'essayons pas de trouver des solutions, les prochaines générations devront vivre dans un environnement envahi par les déchets plastiques », souligne M. Suliano Takatai, représentant de l'association VAKALA.
Pour Mme Falakika Ugatai, agent technique biodiversité au Service Territorial de l'Environnement, ces activités sont essentielles pour l'avenir du territoire.
« Ici, à Wallis, beaucoup de familles vivent de la pêche. Si les poissons du lagon sont impactés par la pollution plastique, les conséquences seraient très dommageables pour notre île. » a-telle souligné.
Au-delà de la collecte de données, cette formation a permis de renforcer l’autonomie des acteurs locaux dans la réalisation des enquêtes de terrain et le suivi des déchets marins sur le territoire. Les participants ont ainsi été formés aux techniques de relevés, au tri et à la caractérisation des déchets, ainsi qu'à l'utilisation des données pour orienter les actions de sensibilisation et de gestion.
Les résultats obtenus contribueront à enrichir les connaissances régionales sur les déchets marins dans le Pacifique et viendront appuyer les efforts déjà engagés à Wallis-et-Futuna pour améliorer la gestion des déchets. Ils confirment également l'importance de poursuivre les actions de sensibilisation et de coopération régionale afin de réduire les déchets à la source et protéger durablement les écosystèmes marins dont dépendent les communautés du Pacifique.
Le projet SWAP2 poursuivra ses activités de suivi des déchets marins à Wallis-et-Futuna jusqu’en 2028, avec notamment la réalisation de nouveaux relevés et audits sur le territoire, y compris à Futuna, afin de renforcer les connaissances disponibles et d'appuyer la prise de décision en matière de gestion des déchets marins.
Le PROE remercie chaleureusement l'ensemble des participants, les associations locales, les autorités coutumières, les services techniques et les partenaires mobilisés pour leur contribution au succès de cette activité.

À PROPOS DU PROJET SWAP 
Le projet SWAP2 contribue aux objectifs de la Stratégie pour un Pacifique plus propre en améliorant les infrastructures de gestion des déchets, en renforçant les capacités et en favorisant la collaboration régionale. Les neuf îles du Pacifique participant au projet SWAP sont les Fidji, Îles Salomon, Kiribati, la Polynésie française, les Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et Wallis-et-Futuna. 
Le projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2) est financé par l’Agence française de développement (AFD) https://www.afd.fr  et mis en œuvre par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) www.sprep.org. Pour plus d’informations, veuillez consulter : https://swap.sprep.org  ou contacter Mme Julie Pillet, cheffe de projet SWAP, à l’adresse suivante : juliep@sprep.org