28 juillet 2026, Apia – L'impact du projet visant à accompagner les communautés du Pacifique dans le renforcement de leurs systèmes de gestion des déchets, la réduction de la pollution et la promotion d'une économie plus circulaire et résiliente est mis à l'honneur cette semaine au Samoa.
Contribuant aux objectifs de la Stratégie pour un Pacifique Propre (Cleaner Pacific Strategy), les réalisations, les défis et les perspectives du projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2) sont au cœur des discussions des représentants des pays et territoires du Pacifique réunis à l'occasion du deuxième Comité de pilotage du projet, organisé au siège du Programme régional océanien de l'environnement (PROE) à Vailima, les 28 et 29 juillet.
La Directrice générale du Ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement (MNRE) du Samoa, Mme Lealaisalanoa Frances Brown Reupena, a déclaré que cette rencontre au Samoa reflète l'engagement commun des pays du Pacifique à relever les défis liés à la gestion des déchets.
« Pour le Samoa, le projet SWAP2 a déjà produit des résultats concrets dans les domaines de la gestion des déchets marins et de la caractérisation des déchets, de la gestion des huiles usagées, de la sensibilisation du public et du renforcement des capacités », a déclaré Mme Brown Reupena.
« Ces activités ont renforcé la collaboration entre les administrations publiques, les communautés, le secteur privé et les partenaires du développement.
Nos caractérisations de déchets et nos suivis des déchets marins fournissent des données précieuses pour améliorer la planification et orienter les décisions politiques. Par ailleurs, SWAP2 devrait permettre l'exportation et le traitement, dans des conditions respectueuses de l'environnement, de plus de 60 000 litres d'huiles usagées stockées, réduisant ainsi de manière significative les risques pour l'environnement et la santé publique. »
Financé par l'Agence française de développement (AFD) à hauteur de 4,3 millions d'euros et mis en œuvre par le Programme régional océanien de l'environnement (PROE), le projet SWAP2 couvre neuf pays et territoires : les Fidji, la Polynésie française, Kiribati, le Samoa, les Îles Salomon, les Tonga, les Tuvalu, le Vanuatu ainsi que Wallis-et-Futuna. Il s'appuie sur les résultats solides obtenus lors de la première phase du projet.
Dans le domaine des déchets marins, les 108 suivis de plages réalisés depuis le lancement du projet SWAP en 2020, ainsi que l'audit de plus de 106 000 déchets, permettent aux pays et territoires partenaires de produire des données robustes, comparables et scientifiquement fiables sur l'origine, la composition et les quantités de déchets présents sur les littoraux de la région.
Ces informations prennent une importance croissante. Elles alimentent les discussions régionales et internationales sur la pollution plastique, notamment dans le cadre des préparatifs des futures négociations relatives au traité mondial sur les plastiques.
Ces données servent également à appuyer l'élaboration des politiques nationales. Le Royaume des Tonga, par exemple, a réalisé une analyse approfondie des données sur les déchets marins, apportant des preuves fiables de la prévalence des plastiques à usage unique, en particulier des sacs plastiques et des contenants alimentaires.
Le Directeur général du PROE, M. Sefanaia Nawadra, a souligné qu'il s'agit là d'un excellent exemple de la manière dont les données collectées par les communautés locales, les administrations publiques et les partenaires du projet peuvent être transformées en outils concrets au service de l'élaboration des politiques publiques et de la protection de l'environnement.
« Les défis liés aux déchets et à la pollution ne cessent de croître dans notre région. Dans le même temps, les pays du Pacifique démontrent leur leadership grâce à des solutions innovantes, une coopération régionale renforcée et une prise de décision fondée sur des données probantes », a déclaré M. Nawadra.
La gestion des huiles usagées constitue également une composante essentielle du projet. Le lancement de projets pilotes à Kiribati, au Samoa et aux Îles Salomon apporte déjà de précieux enseignements qui pourront être partagés avec d'autres pays confrontés à des défis similaires.
Le développement de solutions de pyrolyse aux Îles Salomon et au Vanuatu, ainsi qu'un projet pilote mené à Kiribati visant à évaluer la faisabilité du retour des huiles usagées vers la Nouvelle-Zélande dans les réservoirs de carburant des navires pour leur revalorisation, fournissent des informations précieuses sur les exigences techniques, financières et réglementaires liées à la gestion des huiles usagées dans les petits États insulaires en développement.
Dans le domaine de la gestion des déchets solides, SWAP2 a notamment formé des groupes de femmes au Vanuatu à la fabrication de produits réutilisables à partir de plastiques recyclés. La mise en place d'une installation de récupération des déchets métalliques à Wallis-et-Futuna ainsi que le développement de ressourceries en Polynésie française démontrent que les déchets peuvent devenir une ressource tout en créant des opportunités économiques et sociales pour les communautés locales.
« Ces réalisations constituent une base solide permettant au projet d'accélérer sa mise en œuvre au cours des prochaines années. Plus important encore, elles produisent des expériences concrètes et des données probantes qui pourront être partagées à travers la région afin d'améliorer durablement la gestion des déchets dans les pays et territoires insulaires du Pacifique », a ajouté M. Nawadra.
« Alors que nous nous projetons vers la période 2026-2028, notre ambition ne se limite pas à fournir des infrastructures, des équipements, des formations ou des projets pilotes. Nous souhaitons également assurer la pérennité des actions engagées et produire les connaissances, les données et les réussites qui permettront d'éclairer la prise de décision, de renforcer les politiques publiques à long terme dans le Pacifique et de démontrer la valeur d'un investissement continu dans la gestion durable des déchets. »
Le Comité de pilotage constitue une occasion importante d'examiner les progrès accomplis, de partager les enseignements et les expériences, d'affiner les priorités du projet et de valider le programme de travail ainsi que le budget de l'année à venir.
La Responsable des politiques régionales de la Direction Océan Pacifique de l'AFD, Mme Sophie Soejitno, s'est félicitée de la poursuite du soutien de l'AFD au projet. Elle a souligné que le cadre de mise en œuvre du SWAP2 est désormais en place, que les activités progressent et que les premiers résultats concrets émergent dans plusieurs pays et territoires partenaires.
« Ce Comité de pilotage constitue une excellente occasion de poursuivre cette dynamique collective », a-t-elle déclaré. « Nous restons pleinement engagés aux côtés du PROE et de l'ensemble des partenaires afin d'accompagner la réussite du projet SWAP2. »
La première journée du Comité de pilotage se conclura par une visite du Centre d'éducation à la gestion des déchets de Tafaigata, financé par SWAP2, illustrant l'importance d'associer les investissements dans les infrastructures à l'éducation environnementale et à la mobilisation des communautés afin de favoriser des changements de comportement durables.
À PROPOS DU PROJET SWAP
Le projet SWAP2 contribue aux objectifs de la Stratégie pour un Pacifique plus propre en améliorant les infrastructures de gestion des déchets, en renforçant les capacités et en favorisant la collaboration régionale. Les neuf îles du Pacifique participant au projet SWAP sont les Fidji, Îles Salomon, Kiribati, la Polynésie française, les Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et Wallis-et-Futuna.