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Niue est en train d'amorcer un grand virage écologique : plus de la moitié des résidents sont désormais engagés dans une campagne de réduction des émissions de polluants organiques persistants (POP) toxiques grâce aux techniques de compostage.

Un projet pilote sur le compostage et le tri sélectif, élaboré par l'Alliance FEM – Pacifiquepour un avenir viable,est actuellement mis en œuvre par le Secrétariat du Programme régional océanien de l'environnement (PROE) en partenariat avec la Communauté océanienne pour l'agriculture biologique et le commerce éthique (POETCom). La POETCom est hébergée par le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique.

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Cette initiative de gestion des déchets bénéficie d'une enveloppe de plus de 80 000 dollars des États-Unis et s'inscrit dans le cadre d'un projet plus vaste du PROE qui vise la réduction des rejets de POP dans le Pacifique.

Le projet fait intervenir plus de 200 familles dans les sept villages d'Alofi Nord, Alofi Sud,Vaiea, Tamakautoga, Avatele, Hakupu et Liku, situés sur la face sud de l'île où résident plus de la moitié des quelque 1 600 habitants de Niue (sources du service national de la statistique).

Au sein du PROE, la Coordonnatrice du Projet du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), Mme Lusiana Ralogaivau, nous indique que l'introduction des techniques de compostage permettra de réduire les émissions de POP toxiques dans la région Pacifique, tout en améliorant la gestion des déchets solides et dangereux.

Les POP sont des composés chimiques toxiques, capables de parcourir de longues distances dans l'atmosphère ou l'environnement aquatique. Ils s'installent par phénomène de bioaccumulation dans les tissus adipeux des êtres humains et des animaux.

« Ces composés ne se dégradent que très peu avec le temps. Très stables, ils sont à l'origine de graves problèmes de santé, dont les cancers et les anomalies congénitales, et peuvent affaiblir le système immunitaire », précise Mme Ralogaivau.

« Les principaux polluants organiques persistants ciblés par ce projet témoin sont ceux produits par l'homme de manière non intentionnelle, en brûlant des déchets par exemple, en particulier des déchets verts. »

En plus d'aider les pays à s'acquitter de leur obligation de protéger la santé humaine contre les incidences néfastes des polluants organiques persistants, telle que prescrite par la Convention de Stockholm (2001), ce projet contribuera également à la sécurité alimentaire.

« Nous créons des sols en pleine santé et bâtissons un grenier alimentaire durable dans ce pays fortement tributaire de l'agriculture, nous protégeons les écosystèmes naturels et nous participons à l'atténuation des effets du changement climatique, puisque le compostage réduit les émissions de gaz à effet de serre nocifs. »

L'idée que le transfert de connaissances et de technologies, notamment en matière de compostage, est la pierre angulaire de systèmes d'agriculture biologique en pleine santé est l'un des grands principes défendus par la POETCom dans le cadre de son travail en Océanie.

La POETCom œuvrera aux côtés des Niuéans afin de bâtir une banque de connaissances sur les méthodes permettant de produire un compost de qualité, d'élaborer des guides d'information sur le compost et les méthodes de compostage, de faire connaître ces techniques et de conduire des campagnes de promotion en collaboration étroite avec le ministère niuéan des Ressources naturelles.

La Coordonnatrice de la POETCom, Mme Karen Mapusua, nous confie que la POETCom était très enthousiaste à l'idée de s'associer avec le PROE afin de promouvoir le compostage et la gestion des déchets, d'autant que ce partenariat a permis aux insulaires de protéger la santé de leurs sols et de renouer avec les traditions de leurs ancêtres.

« Si vous ramassez une poignée de terre en pleine forêt, vous aurez entre les mains un substrat riche, humide, plein de matières organiques, de vers et autres insectes », affirme Mme Mapusua.

« Technique agricole essentielle, le compostage permet aux agriculteurs de reproduire les cycles à l'œuvre dans la nature, c'est-à-dire de rendre à la terre les nutriments des plantes, qui font office d'engrais on ne peut plus rentables pour d'autres cultures. »

« Si nous brûlons nos déchets verts et nos déchets ménagers, nous gaspillons tous ces nutriments. »

« Nous avons pris l'habitude de brûler nos déchets ou de les faire enlever. Dans le compostage, le plus dur est souvent de modifier nos propres comportements et de faire entrer le compostage dans les habitudes de la maison. »

Le projet de réduction des rejets de polluants organiques persistants dans le Pacifique est cofinancé par l'Alliance FEM-Pacifique pour un avenir viable et par l'Agence Française de Développement (AFD).

Il est exécuté par le PROE, en étroite coopération avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).