Les pays du Pacifique reconnaissent de plus en plus l’importance de disposer de données fiables et d’encourager la participation des communautés pour lutter contre les déchets marins et la pollution plastique.
Dans le cadre de ces efforts, les Fidji ont accueilli un atelier de formation sur les déchets marins du 2 au 5 juin 2026 dans le cadre du projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2), organisé au Greenhouse Co-working Space à Suva.
Le Dr Sivendra Michael, Secrétaire permanent au ministère de l’Environnement et du Changement climatique, a souligné l’importance de l’action collective pour faire face au problème des déchets marins.
« Les déchets marins représentent bien plus qu’un simple enjeu environnemental », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’un défi de développement, d’un défi économique et, de plus en plus, d’un défi pour la résilience de nos États insulaires. »
L’atelier a été organisé par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) en partenariat avec le ministère de l’Environnement et du Changement climatique (MECC), l’Agence française de développement (AFD), l’organisation caritative néo-zélandaise Sustainable Coastlines et un consultant local, Community Centred Conservation (C3).
La formation comprenait deux ateliers communautaires organisés dans le village de Korotubu et sur l’île de Kia, dans la province de Macuata, suivis d’un atelier national réunissant les parties prenantes à Suva. Au total, 105 participants ont pris part aux activités, représentant des agences gouvernementales, des autorités locales, des organisations de la société civile, des groupes communautaires, des représentants de la jeunesse et le secteur privé.

« En tant que petits États insulaires en développement, notre relation avec l’océan est profondément liée à notre identité, notre culture et notre prospérité. La protection de notre environnement marin n’est donc pas seulement une obligation environnementale, c’est un investissement pour notre avenir », a ajouté le Dr Michael.
Les ateliers ont été animés par l’organisation caritative néo-zélandaise Sustainable Coastlines et visaient à renforcer les capacités nationales en matière d’enquêtes de plages, d’audits de déchets marins, de collecte de données et d’utilisation de la plateforme Litter Intelligence. Cette méthodologie standardisée est utilisée dans les neuf pays et territoires insulaires du Pacifique participant au projet SWAP2, permettant ainsi de comparer les données régionales sur les déchets marins.
Mme Elodie Vitalis, Responsable de bureau AFD aux Fidji, a souligné l’importance de disposer de données fiables pour la gestion environnementale.
« Chaque déchet retrouvé sur une plage raconte une histoire », a-t-elle déclaré. « L’objectif de cette formation n’est pas simplement de compter les déchets. Il s’agit d’identifier leur origine afin d’éviter que le prochain déchet n’atteigne l’océan. Les bonnes politiques publiques reposent sur des données probantes de qualité. »
Les enquêtes de terrain réalisées pendant les ateliers ont mis en évidence l’ampleur des défis liés aux déchets marins aux Fidji. Si le plastique demeure la catégorie de déchets la plus fréquemment observée lors des relevés effectués sur l’île de Kia et à Suva, représentant respectivement 67 % et 72 % des articles audités, l’enquête menée dans le village de Korotubu a révélé que les piles constituaient l’élément le plus fréquemment recensé, avec 177 piles collectées.
La présence de piles dégradées dans l’environnement côtier soulève des inquiétudes quant à la libération potentielle de substances dangereuses dans les écosystèmes environnants. Les participants ont souligné que ces résultats mettent en évidence la nécessité d’améliorer les systèmes de collecte et d’élimination des déchets, en particulier au sein des communautés isolées où les dispositifs de gestion des déchets restent limités.
Les audits ont permis aux participants de mieux comprendre les types et les sources de déchets affectant leur environnement immédiat et ont mis en lumière la nécessité d’améliorer les systèmes de gestion des déchets. Les discussions ont soulignés les défis particuliers auxquels sont confrontées les communautés côtières et isolées qui dépendent fortement des ressources marines pour leurs moyens de subsistance et leur bien-être.

Mme Vasiti Vosabalavu, du Conseil provincial de Macuata, a déclaré : « Ce que j’ai appris aujourd’hui, c’est qu’une grande part de la responsabilité en matière de gestion des déchets incombe aux communautés elles-mêmes. Il ne s’agit pas seulement des déchets visibles, mais également des microplastiques et d’autres éléments moins perceptibles. Ce sont aussi des aspects que nous devons prendre en compte. »
M. Wayne Fuakilau, de Trashboom Pacific, a souligné l’importance de la collecte de données.
« La principale leçon de cet atelier est de comprendre les différents types de données que nous recueillons lors des audits de plages », a-t-il expliqué.
« Nous apprécions particulièrement l’idée selon laquelle nous ne pouvons pas gérer ce que nous ne pouvons pas mesurer. Cela est essentiel pour comparer les déchets interceptés dans les rivières avec ceux qui finissent sur nos plages. »
Cette formation soutient également la mise en œuvre du projet pilote sur les déchets marins aux Fidji dans le cadre de SWAP2, avec l’appui local de Community Centred Conservation (C3). Parallèlement, des discussions ont déjà été engagées entre le MECC, le PROE et Trashboom Pacific afin d’explorer les possibilités d’intégrer les audits de déchets marins dans les systèmes d’interception des déchets en rivière, permettant ainsi de produire des données comparables sur les déchets collectés dans les cours d’eau et sur les littoraux.
Grâce au projet SWAP2, les Fidji poursuivront jusqu’en 2028 la mise en œuvre d’activités de gestion des déchets marins, de programmes de sensibilisation et d’initiatives de gestion des déchets. Ces actions contribueront à produire les données nécessaires pour orienter l’élaboration des politiques publiques, renforcer l’action communautaire et réduire les impacts des déchets marins et de la pollution plastique.
À PROPOS DU PROJET SWAP
Le projet SWAP2 contribue aux objectifs de la Stratégie pour un Pacifique plus propre en améliorant les infrastructures de gestion des déchets, en renforçant les capacités et en favorisant la collaboration régionale. Doté d’un financement total de 4,3 millions d’euros apporté par l’Agence française de développement (AFD), le programme accompagne neuf pays et territoires insulaires du Pacifique : les Fidji, Îles Salomon, Kiribati, la Polynésie française, les Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu et Wallis-et-Futuna.
Le projet Sustainable Waste Actions in the Pacific – Phase 2 (SWAP2) est financé par l’Agence française de développement (AFD) https://www.afd.fr et mis en œuvre par le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) www.sprep.org. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site web du projet SWAP ou contacter Mme Julie Pillet, cheffe de projet SWAP, à l’adresse suivante : sprep@sprep.org.