Submitted by Sosikeni Lesa on Tue, 01/24/2023 - 10:30
Audit des déchets pendant le nettoyage de la mangrove de Puipa'a aux Samoa.
January 24, 2023 by Sosikeni Lesa
Waste Management and Pollution Control

24 janvier 2023, Apia, Samoa – L’ampleur et l’augmentation rapide du volume des déchets marins et de la pollution plastique mettent en péril la santé des mers et des océans du monde entier. Malgré les initiatives et les efforts actuels, la quantité de plastique dans l’océan se situe entre 75 et 199 millions de tonnes selon les dernières estimations.

C’est ce qui ressort de l’évaluation mondiale des déchets marins et de la pollution plastique, un rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement en 2021. Il attire l’attention sur le fait que les déchets marins constituent un problème mondial, intergénérationnel et transfrontalier qui a des effets néfastes sur l’environnement, les populations et les économies côtières du monde entier.

Les îles du Pacifique sont extrêmement vulnérables aux effets des déchets marins, en raison de la valeur et de la sensibilité particulières de leurs environnements côtiers.

Afin de les aider à conserver un environnement sain et durable, le Secrétariat du Programme régional océanien de l’environnement (PROE) s’est engagé, pour la deuxième année consécutive, dans la Journée mondiale de nettoyage du littoral.

Célébrant cette année sa 36e édition, il s’agit de la plus importante journée de nettoyage des côtes au monde. Ainsi, dans le cadre de sa collaboration avec le projet « S’engager pour une gestion durable des déchets dans le Pacifique » (Committing to Sustainable Waste Actions in the Pacific - SWAP), financé par l’Agence française de développement (AFD), le projet sur les déchets de l’océan Pacifique (POLP), financé par le Gouvernement australien, et le programme sur l’acidification de l’océan Pacifique, financé par l’Institut coréen des sciences et technologies océaniques, le PROE a soutenu 24 communautés dans leurs actions de nettoyage.

Le nombre de personnes ayant participé à la Journée mondiale de nettoyage du littoral 2022, une action régionale financée par le PROE, est en augmentation par rapport à l’année précédente passant de 330 à 2000. Ces volontaires ont mené des actions dans six îles du Pacifique, à savoir les îles Cook (1 action), les Fidji (4 actions), les Samoa (4 actions), les îles Salomon (11 actions), le Vanuatu (1 action) et Wallis-et-Futuna (3 actions). Au total, 9,1 tonnes de déchets ont été collectés le long de 35 plages et littoraux, dont des tissus et des textiles (23 % du tonnage total), du plastique (19 %), du métal (19 %), du verre et de la céramique (9 %) et autres (déchets électroniques, caoutchouc, papier, etc.).

Leon Labuga, agent du ministère de l’Environnement, du Changement climatique, de la Gestion des catastrophes et de la Météorologie des Îles Salomon, s’est félicité d’avoir pu contribuer à l’effort mondial en faveur d’un Pacifique propre.

« Honiara est l’une des villes les plus sales du Pacifique, je suis donc particulièrement intéressé par ces campagnes de nettoyage et l’idée de faire évoluer les comportements à Honiara », a-t-il déclaré. « Les déchets collectés le long du littoral de Karaina étaient principalement en plastique, en métal, en verre ou en céramique et en caoutchouc. Les données ont révélé que plus de 500 kg de déchets avaient été collectés. Ces chiffres soulignent la nécessité de maintenir nos écosystèmes en bonne santé et l’importance de soutenir les initiatives locales ».

Cette journée n’a pas seulement permis de collecter les déchets, elle a également favorisé l’amélioration de la gestion des déchets dans la région du Pacifique. Pour chaque action de nettoyage, des données ont systématiquement été recueillies par le biais d’une enquête et d’un audit sur les déchets, conformément à la méthodologie des Nations unies.

L’objectif principal était de déterminer le type et la quantité de déchets, mais aussi d’enregistrer et de partager ces données sur la plateforme en ligne Litter Intelligence développée par l’association caritative néo-zélandaise Sustainable Coastlines.

L’objectif de ce programme est de collecter et de partager des informations sur les déchets marins, mais aussi de les utiliser comme un outil de sensibilisation auprès du public et de prise de décision par les autorités.

Cet événement régional, financé par le PROE, avait pour but d’encourager les communautés à s’engager en faveur de la sensibilisation et de la protection de l’environnement dans la région du Pacifique. Si toutes les organisations ont produit au moins une courte vidéo sur l’événement afin de souligner la nécessité de lutter contre les déchets marins, certaines sont allées plus loin en organisant des actions de sensibilisation spécifiques. Par exemple, une semaine avant la campagne de nettoyage qui s’est déroulée à l’embouchure de la rivière Mataniko, à Honiara, un programme de sensibilisation à la gestion des déchets a été mené auprès d’un établissement scolaire, la Chung Wah School, et de la communauté Renlau. L’objectif était de « faire évoluer les comportements et apprendre à jeter les déchets au bon endroit », a déclaré Joseph Aropo, enseignant à la Chung Wah School.

D’autres initiatives telles que des activités créatives comme outil de sensibilisation ont également été proposées. Ainsi, de belles créations artistiques réalisées à partir de matériaux collectés lors de la campagne de nettoyage ont vu le jour dans le cadre du projet sur les déchets de l’océan Pacifique destiné aux jeunes (POLYP) et de la Fondation Suva Harbour basée aux Fidji.

Si vous souhaitez découvrir les actions menées par les associations ayant participé à la Journée mondiale de nettoyage du littoral 2022, rendez-vous sur la chaîne YouTube du PROE : https://www.youtube.com/user/sprepchannel.

Le projet SWAP vise à améliorer, au moyen d’une gestion appropriée des déchets, les conditions sanitaires, environnementales, sociales et économiques dans les pays et territoires insulaires du Pacifique.  Les sept pays et territoires insulaires du Pacifique impliqués dans le projet SWAP sont les Fidji, les Îles Salomon, la Polynésie française, le Samoa, les Tonga, le Vanuatu et Wallis-et-Futuna. La Nouvelle-Calédonie recevra également un appui technique du SWAP.

Le projet « S’engager pour une gestion durable des déchets dans le Pacifique » (Sustainable Waste Actions in the Pacific – SWAP) est financé par l’Agence française de développement (AFD) https://www.afd.fr/ et mis en œuvre par le Secrétariat du Programme régional océanien de l’environnement (PROE) https://www.sprep.org/ .

L’Agence française de développement (AFD) met en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale. Par ses financements aux ONG et au secteur public, ainsi que ses travaux de recherche et ses publications, l’AFD accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et résilient. Elle propose également des formations dans le domaine du développement durable (Campus AFD) et des activités de sensibilisation en France.

« Nous construisons avec nos partenaires des solutions partagées, avec et pour les populations du Sud. Nos équipes sont engagées dans plus de 4 000 projets sur le terrain, dans les Outre-mer français et dans 115 pays et territoires en crise, pour les biens communs : le climat, la biodiversité, la paix, l’égalité femmes-hommes, l’éducation ou encore la santé. Nous contribuons ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable (ODD). Pour un monde en commun. »

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Mme Julie Pillet, coordinatrice du SWAP à l’adresse : [email protected]. Ou vous rendre sur le site Internet dédié : https://www.sprep.org/SWAP/fr/sustainable-waste-actions-in-the-pacific-swap

Note: Cet article a été écrit avec le soutien de l’université de Newcastle (Australie) dans le cadre d’un partenariat entre le SWAP et l’université, via le programme « Work Integrated Learning » (apprentissage intégré au travail). À ce titre, la coordinatrice du projet SWAP remercie tous les étudiants qui ont participé à cette collaboration, notamment Melle Kayla Koulis pour cet article.